Lors de mes voyages, je suis à la recherche de la plasticité ambiante. 

Afin que mes souvenirs ne reposent uniquement sur l’archivage,  je m’exerce à les organiser, à les prolonger, pour cultiver et faire mûrir les territoires que j'ai traversés.

Il s'agit d'une quête, celle d'enregistrer le visible et d'en faire une transposition plastique où l’imagination et la mémoire collaborent. 

Je prends dans la nature ce qui m'est nécessaire et j'en combine les effets, tout en cherchant autre chose que l'espace réel. Je fabrique mon propre espace spéculatif où le motif est totalement pressenti, récurrent et porté par des fragments de paysages. 

 

Un double mouvement opère: je m’éloigne physiquement du lieu familier et j’effectue un retour au paysage nouveau, à redécouvrir. Le voyage entrepris n'est donc pas un voyage à travers le monde, mais à travers le temps. 

Je saisis une somme d’instants, agencés dans un univers morcelé, se déployant par couches successives, par strates et pouvant s’étendre à l’infini.

Mon travail n’a donc pas de temporalité fixe, il appelle constamment à la mettre en doute et la nature figurée laisse subsister une interrogation sur la réalité de cette nature.

Est-elle achevée et saisissable, ou en perpétuelle construction ? 

Mes paysages, ces « poésies flottantes » me permettent de retrouver l’impact d’une vision primitive, d’accueillir les stigmates d’une expérience visuelle passée.