18 Novembre 2019

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À Lille, l’artiste Éléonore Deshayes déplace des montagnes

L’artiste lilloise Éléonore Deshayes expose à la galerie Provost-Hacker, à Lille.

 

C’est sa première exposition personnelle à Lille. Éléonore Deshayes a, depuis deux ans, son atelier à la Malterie.

Pauline Renard, galeriste chez Provost-Hacker, a d’abord repéré son travail sur Instagram.

 

Lauréate du Prix Canson en 2017, la Lilloise de 27 ans pratique aussi bien le dessin que la peinture, maîtrise aussi bien la couleur que le noir et blanc. De ses voyages, la jeune femme ramène des photos. Elle en fait des collages qu’elle mixe pour donner naissance à des paysages imaginaires. Avec des bouts d’Afrique du Sud ou d’Écosse.

L’exposition « Déplacer les montagnes » présente vingt-trois œuvres d’une artiste dont la cote a déjà grimpé en un an.

Exposition visible jusqu’au 7 décembre, à la galerie Provost-Hacker, 40, rue Voltaire à Lille.

Du mardi au samedi, de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 19 heures.

 

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Photos: Thierry Thorel

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Edition n°8 

Nicolas Nadé

Eléonore Deshayes

Publication conçue par un collectif de jeunes artistes comme un moyen de réflexion, discussion et de diffusion dédié au dessin sous toutes ses formes.

Celia Muller / Audrey Gonnet / Carolina Fonseca / François Génot / Jiyung LEE / Mathilde Godard / Laura Kuramyssova

     Eléonore Deshayes, artiste diplômée de la Haute Ecole des Arts du Rhin de Strasbourg, Lauréate des Canson Art School Award 2017 et dont le travail a été exposé au 64ème Salon de Montrouge, transpose sur la toile des fragments de paysages comme des flashbacks de ses nombreux voyages. Dans une société dominée par les selfies, elle reconstitue ses captures d’instants de manière abstraite et forme inconsciemment un concerto de lumière.  Par touche, Deshayes dépose des couleurs aux formes épurées formant un décor tantôt abstrait tantôt figuratif. La matière, fluide comme un filet d’eau pure, dégouline sur le support, et Bleu rencontre Rouge. Doucement, leur union créer des effets de transparence et finalement les paysages d’Eléonore Deshayes oscillent entre passé et présent, réel et fiction, construction et dé-construction. Ainsi, je regardais ses peintures avec insistance à tel point que mon regard et tout mon corps s’enfuirent dans le monde onirique de l’artiste. Soudain, la fenêtre de ma chambre se mit à claquer à cause du vent et le silence hantait les horizons comme si l’humanité avait disparu...

Les rochers nageaient sur l’eau bleue presque transparente. Les montagnes se chevauchaient dans cet espace flottant entre le ciel et les eaux sauvages. Le soleil quant à lui se préparait doucement à aller dormir. Sa couleur, si rouge en ce début de soirée brûlait dans mes yeux comme des flammes déchaînées. Les douces formes du paysage, collées dans le vide, et les cieux de couleur magenta me transportaient mélancoliquement vers les contrées Italiennes ou Françaises. Et ainsi la beauté qui se cachait dans la planéité des paysages rappelait sans aucun doute la « poésie flottante » des estampes japonaises.

    Eléonore Deshayes is an artist who graduated from the Haute Ecole des Arts du Rhin in Strasbourg, the winner of the Canson Art School Award 2017 and her work was exhibited at the 64th Salon de Montrouge. She transposes fragments of landscapes onto canvas as flashbacks of her many travels. In a society dominated by selfies, she reconstructs her captures of moments in an abstract way and unconsciously forms a concerto of light.  By touch, Deshayes deposits colours with refined shapes forming a decor that is sometimes abstract and sometimes figurative. The material, fluid like a stream of pure water, drips on the canvas, and Blue embraces Red. Slowly, their union creates effects of transparency and finally Eléonore Deshayes' landscapes oscillate between past and present, reality and fiction, construction and deconstruction. Thus, I looked at her paintings with such insistence that my gaze and my whole body fled into the dreamlike world of the artist. Suddenly, the window of my room started to slam because of the wind and silence haunted the horizons as if humanity had disappeared... 

The rocks swam on the almost transparent blue water. The mountains overlapped in this space floating between the sky and wild waters. The sun was slowly preparing to go to sleep. Its colour, so red at the beginning of the evening, burned in my eyes like raging flames. The soft shapes of the landscape, stuck in the void, and the magenta-coloured skies transported me melancholy to the Italian or French lands. And so the beauty hidden in the flatness of the landscapes was undoubtedly reminiscent of the "floating poetry" of Japanese prints.

     Peut-on inscrire Eleonore Deshayes dans la lignée des peintres de paysage ? Difficile car, même si ses œuvres sont inspirées en grande partie de ses voyages - Italie, Turquie, Ile de la Réunion ou encore côte nord de la France -, ses images sont le signe d’une mutation ou d’une inflexion de nos paysages plus que la simple continuité du passé. Les belles solitaires, Nelumbo, La léthargie des agaves, Oasis, L’influences des châtaigniers… les œuvres semblent nous demander : “comment regardons-nous aujourd’hui le paysage ?”; Quelle en est la représentation, entre une image de nature idéalisée et la réalité actuelle de sa fabrication et de son déclin ?

Reflets manifestes d’une époque, les toiles d’Eléonore Deshayes sont toujours fabriquées par fragments, en tenant compte des liens que tisse une société avec son environnement. Leurs territoires défrichent de nouvelles poésies contemporaines. L’artiste dissèque un panorama insolite d’images hybrides puisque constitué de différents collages issus de photographies et parfois délimité par des bandes blanches enchâssées dans la toile, lue comme décalée. Surgissent alors des paysages, presque évanescents, en grande partie dus au traitement de la peinture à l’huile déposée par couches, et donnant à la peinture soit une transparence de lavis à la manière des estampes japonaises, soit des formes proches de l’abstraction américaine.

Au Salon de Montrouge, Eléonore Deshayes présente un diptyque grand format. L’image y prend son sens entre fiction et narration, donnant quelques repères par le titre Mise à jour. Si elle reste lisible, la référence au réel s’estompe pour que se manifeste la matérialité picturale. L’artiste donne là, tout pouvoir aux surfaces pour mettre en condition la pensée sur sa manière de participer au monde.

Françoise Docquiert

64ème Salon de Montrouge

Avril-Mai 2019

Les paysages imaginaires d’Éléonore Deshayes

à la Galerie Provost-Hacker

     Dessinés méticuleusement à l’encre de Chine sur des plaques transparentes, les paysages délicats d’Éléonore Deshayes, habités par quelques personnages méditatifs, ressemblent à des collages. Points, lignes et rayures alternent pour composer des assemblages graphiques de strates et de collines d’une beauté subtile d’où émergent de frêles végétaux. Premier prix du jury aux Canson Art School Awards 2017, cette jeune artiste lilloise de 27 ans, diplômée de la Haute École des Arts du Rhin de Strasbourg en 2016, nous offre des lieux imaginaires où partir en promenade. Magique !

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CHRONIQUE
par JULIETTE MANTELET 
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« POÉSIES FLOTTANTES »

Lorsqu’elle voyage, Eléonore recherche toujours « la plasticité ambiante ». Son travail se base uniquement sur ses souvenirs, ses réminiscences émotives. « J’ai le besoin vital de cultiver et faire mûrir les territoires que j’ai traversés », décrit l’artiste. Elle ne peut s’en empêcher, il lui faut capturer ses instants, graver ses états d’âme ressentis face aux paysages. Elle offre un voyage double dans ses toiles : géographique à travers des paysages de collines variés rappelant les estampes japonaises du Mont Fuji, et temporels, au cœur des souvenirs. Un voyage énigmatique dans ses toiles au bord de l’abstraction, mêlant parfois fragments photographiques et peinture.

La jeune peintre a surtout une façon originale et bien à elle de peindre la nature. Loin d’une nature figée, grâce à son trait, elle lui donne un mouvement coulant, instable. En effet, Eléonore laisse apparaître sur ses œuvres des ratés, des imperfections. Elle ne cherche pas le trait parfait comme dans les portraits de Yaël Hupert, où chaque couleur est bien à sa place pour un réalisme accentué, et où rien ne dépasse. Au contraire, chez Eléonore les couleurs marquant les différents plans du paysage se mélangent joyeusement : elles glissent les unes sur les autres, s’influencent. Les bavures et les dégoulinures sont laissées apparentes, elles participent au tableau et à son message. Ces tableaux, Eléonore les appelle des « poésies flottantes », flottants comme la vie, le temps, les sentiments et les souvenirs. La mémoire qui glisse, les impressions qui restent et s’accrochent, c’est tout ça que symbolise ainsi superbement l’artiste. Les tons fusionnent, sans plus de frontière. On dirait qu’il a plu et qu’une tempête vient de délaver le paysage, d’en brouiller la perception. C’est fort. Les paysages d’Eléonore sont des paysages intérieurs, ils sont sentimentaux, expriment la mélancolie, le spleen, le regret. Sa gamme de couleur, relativement sombre et froide, à l’image de ce bleu omniprésent tirant sur le vert et le violet, colle si bien à ce cocktail d’émotions.

La nature est insaisissable est c’est aussi pour Eléonore sa façon de représenter les territoires en transition, d’incarner l’impossibilité de mettre un terme véritable au voyage et celle, surtout, de figer la nature. La nature qui, comme dans les poèmes « Le Lac » de Lamartine ou « Soleils Couchants » de Victor Hugo évolue sans cesse, est toujours en mouvement. L’homme quitte le paysage, rentre chez lui, et pourtant rien ne s’arrête, son départ n’est la cause d’aucune perturbation naturelle. Cruel sentiment de l’homme mortel face à la nature éternelle. « Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure ! Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, belle nature, Au moins le souvenir ! » s’écriait Lamartine. Par ces couleurs indéfinies, diluées, Eléonore donne du mouvement à ses paysages et montre qu’elle a divinement compris l’impossibilité d’arrêter le temps d’un voyage ou de cerner les contours d’un paysage, fut-il réel ou intérieur.

FIGURE DE L'ARTISTE
par ELENA AVVENIA, PAUL DELOMELLE & CORENTIN BYACHE

Film documentaire réalisé dans le cadre du Master Conduite de Projets Culturels et Management de la Culture,

lors de l'exposition Parcelles, en résonance avec le travail des artistes Cindy Lelu, David Faltot et Cyril Caine.

Université Catholique de Lille

Décembre 2018

LE TOUCHER, L'ABSORBER, LUI DÉSOBÉIR
VIRGINIE BARO・ETXE GORRIA

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CreateSpace® pour la présente édition

Frédéric Viscaglino pour le texte

Eléonore Deshayes pour l'illustration de couverture

Broché

172 pages

23x15 cm

Septembre 2017

 

Image de couverture: 

I have always wanted to see the frontier before it's gone

Manipulation numérique issue d'un dessin à l'encre sur calque 

23x15 cm2017

DANS LA
BANLIEUE HURLEUSE
FREDERIC VISCAGLINO
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Edition limitée à 50 exemplaires
Couverture souple à rabats
24 pages couleur
28x23 cm 
Août 2017
 
Canson® Art School Awards 2017
Lelivredart pour la présente édition
Zoé Monti pour la conception et la mise en page
Eléonore Deshayes pour les textes et les oeuvres

 

Artension Magazine N° 143 Mai - Juin 2017
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