Capture d’écran 2020-01-21 à 11.34.51.pn

Utopie, rêve… Les qualificatifs sont nombreux pour évoquer ce que les paysages imaginaires de Eléonore Deshayes peuvent provoquer sur celui ou celle qui les regarde. À partir de photographies prises lors de ses voyages, l’artiste réinvente des paysages qu’elle dessine à l’encre de chine, trait après trait, point après point. Inspirée par les peintres primitifs flamands, elle crée un monde entre chimère et réalité, et compose des toiles dans lesquelles on aimerait presque se plonger… Interview.

POUR CEUX QUI NE VOUS CONNAISSENT PAS, QUI ÊTES-VOUS ? 

Je suis artiste plasticienne à Lille, et j’évolue au sein de mon atelier de la Malterie, une association regroupant une trentaine d’artistes. 

QUEL EST VOTRE PARCOURS ? 

J’ai étudié à la Haute École des Arts du Rhin et j’ai eu mon DNAP (diplôme national d’arts plastiques) en 2016. Ensuite, je me suis installée à Lille. Depuis un peu plus d’un an, je suis représentée par la galerie Provost-Hacker avec laquelle j’ai participé à différents salons comme Art Up, Drawing Now ou Galeristes. J’ai inauguré ma première exposition personnelle au sein de cette galerie le 7 novembre dernier. J’ai également travaillé avec l’agent d’artistes Virginie Baro. Notre collaboration me permet de prendre part à des événements collectifs ou en solo qu’elle organise dans des cadres plus intimistes, comme les expositions chez l’habitant par exemple. J’ai également eu la chance de participer au 64ème salon de Montrouge qui s’est tenu en mai dernier, ce qui m’a permis d’avoir une grande visibilité.

COMMENT DÉCRIRIEZ-VOUS VOTRE TRAVAIL ? 

Il s’agit d’une quête, celle d’enregistrer le visible et d’en faire une transposition plastique. Je me sers de l’imaginaire pour retrouver l’impact d’une vision primitive, pour accueillir les stigmates d’une expérience visuelle passée. La notion de “mémoire” est évidente dans mon travail, car je m’éloigne physiquement du lieu familier et j’effectue un retour au paysage nouveau, à redécouvrir. Je crée mon propre espace spéculatif, un monde de la pensée qui synthétise le vrai monde, où le motif est totalement pressenti, récurrent et porté par des fragments de paysages. Mon travail est un ensemble d’instants qui évoluent dans un espace morcelé pouvant s’étendre à l’infini. Certains motifs présents sur une toile peuvent être également visibles sur une autre peinture, dans un dessin ou dans mon travail de photographie. C’est un espace qui continue hors des extrémités de la toile ou du papier, un lieu où l’esprit se comporte comme le regard et peut voyager dans le paysage sans y demeurer.

QUEL EST VOTRE PROCESSUS DE CRÉATION ? 

Mes voyages sont ma base de travail, mais je ne crée pas d’après nature. J’utilise la photographie comme une prise de notes, dans l’intention de saisir les formes, les motifs, et les textures de l’environnement qui m’entoure. Néanmoins, le numérique ne remplace pas le croquis et le travail débute bien avant le face à face avec la surface vierge d’une toile ou du papier. Mon oeil est à l’affût d’une transposition picturale, d’une délectation du motif. J’extrais par exemple certains éléments de leur environnement initial par la fonction “détourage” de Photoshop, ce qui m’offre une infinité de possibles quant à leur dimension et leur échelle. Je prends dans la nature ce qui m’est nécessaire et j’en combine les effets, tout en cherchant autre chose que l’espace réel. Les formes qui en résultent ensuite n’en sont plus que des citations fragmentaires et la promesse spatiale retombe dans la bidimensionnalité du tableau. Le travail me semble enfin terminé lorsqu’il a atteint une étape intermédiaire entre surface et profondeur, premier et arrière-plan. Mes dessins à l’encre (composés de centaines de points, traits et lignes…) sont une sorte d’écriture automatique relevant presque de la thérapie. De par la multiplication des espaces picturaux sur un seul format, aux échelles souvent erronées, le paysage se mue en décors articulés ou l’équilibre est précaire. J’ai toujours eu de grandes difficultés à concevoir les volumes et les perspectives, donc jouer avec ce problème de perception pour fabriquer des espaces me plaît beaucoup. 

QUELLES SONT VOS INSPIRATIONS ? 

Je peux passer de longs moments à contempler les oeuvres des peintres primitifs flamands tels que Jan Van Eyck, Rogier Van der Weyden ou Jérôme Bosch, ainsi que celles du symboliste Arnold Böcklin. Cependant, je pense que c’est avant tout le mouvement nabi, puis le fauvisme qui ont influencé ma relation avec la peinture. L’esprit synthétique de l’estampe japonaise a également un fort impact sur mon travail, de par l’altération de la perspective laissant penser à une succession de plans coulissant comme sur la scène d’un théâtre. Plus récent, et plus présent, le travail de Peter Doig pour ses paradoxes entre autobiographie et fiction, narration et abstraction et entre scène et surface. L’image prend son sens, non pas dans son origine ou ses sources, mais dans la matière qui la constitue, dans les évidences et les mystères faits par le biais de la peinture. C’est cela qui m’intéresse.

AVEZ-VOUS LE SENTIMENT QUE LE FAIT D’ÊTRE UNE FEMME A UN IMPACT SUR VOTRE TRAVAIL ? 

J’entends régulièrement que mon travail possède une esthétique dite “féminine”, avec comme arguments des paysages aux contours arrondis et colorés, l’omniprésence de détails, la finesse du trait, ou le simple fait que mon atelier soit “propre et bien rangé, pour une peintre”. Je pense qu’il s’agit d’a priori. Le fait d’être méticuleux, organisé, ou un peu maniaque ne sont pas des comportements réservés aux femmes… Il est difficile d’affirmer que le fait d’être une femme influence mon travail. Si j’étais du sexe opposé, j’aurais surement été animée par ce même désir de faire des choses qui me plaisent et me transcendent. Mon travail n’est pas influencé par mon genre. Seulement, j’ai aussi la certitude qu’un homme et une femme ne sont pas considérés de la même manière. Peut-être est-ce dans l’environnement artistique justement que je me sens le moins réduite à mon sexe. Mon “moi” physique est secondaire, et ma condition de femme importe peu, seule ma production plastique compte.

AVEZ-VOUS UNE ARTISTE À NOUS RECOMMANDER ? 

Eva Nielsen. J’ai découvert son travail il y a quelques années lors de la conférence “La fabrique de la peinture” au Collège de France. Elle exalte les limites du tableau et questionne l’apport du geste manuel face au geste mécanique. Sérigraphie, huile et acrylique construisent l’espace de la peinture, des fusions ou des tensions se créent entre la planéité de l’impression et la matière picturale. Perturbée par des aplats faits en sérigraphie qui dévorent une partie de la toile, fonctionnant comme des caches ou des révélateurs, l’oeuvre se fait tantôt matière, tantôt image.

18 Novembre 2019

Lien de l'article

À Lille, l’artiste Éléonore Deshayes déplace des montagnes

L’artiste lilloise Éléonore Deshayes expose à la galerie Provost-Hacker, à Lille.

 

C’est sa première exposition personnelle à Lille. Éléonore Deshayes a, depuis deux ans, son atelier à la Malterie.

Pauline Renard, galeriste chez Provost-Hacker, a d’abord repéré son travail sur Instagram.

 

Lauréate du Prix Canson en 2017, la Lilloise de 27 ans pratique aussi bien le dessin que la peinture, maîtrise aussi bien la couleur que le noir et blanc. De ses voyages, la jeune femme ramène des photos. Elle en fait des collages qu’elle mixe pour donner naissance à des paysages imaginaires. Avec des bouts d’Afrique du Sud ou d’Écosse.

L’exposition « Déplacer les montagnes » présente vingt-trois œuvres d’une artiste dont la cote a déjà grimpé en un an.

Exposition visible jusqu’au 7 décembre, à la galerie Provost-Hacker, 40, rue Voltaire à Lille.

Du mardi au samedi, de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 19 heures.

 

En voir plus

Photos: Thierry Thorel

En voir plus

Edition n°8 

Nicolas Nadé

Eléonore Deshayes

Publication conçue par un collectif de jeunes artistes comme un moyen de réflexion, discussion et de diffusion dédié au dessin sous toutes ses formes.

Celia Muller / Audrey Gonnet / Carolina Fonseca / François Génot / Jiyung LEE / Mathilde Godard / Laura Kuramyssova

     Eléonore Deshayes, artiste diplômée de la Haute Ecole des Arts du Rhin de Strasbourg, Lauréate des Canson Art School Award 2017 et dont le travail a été exposé au 64ème Salon de Montrouge, transpose sur la toile des fragments de paysages comme des flashbacks de ses nombreux voyages. Dans une société dominée par les selfies, elle reconstitue ses captures d’instants de manière abstraite et forme inconsciemment un concerto de lumière.  Par touche, Deshayes dépose des couleurs aux formes épurées formant un décor tantôt abstrait tantôt figuratif. La matière, fluide comme un filet d’eau pure, dégouline sur le support, et Bleu rencontre Rouge. Doucement, leur union créer des effets de transparence et finalement les paysages d’Eléonore Deshayes oscillent entre passé et présent, réel et fiction, construction et dé-construction. Ainsi, je regardais ses peintures avec insistance à tel point que mon regard et tout mon corps s’enfuirent dans le monde onirique de l’artiste. Soudain, la fenêtre de ma chambre se mit à claquer à cause du vent et le silence hantait les horizons comme si l’humanité avait disparu...

Les rochers nageaient sur l’eau bleue presque transparente. Les montagnes se chevauchaient dans cet espace flottant entre le ciel et les eaux sauvages. Le soleil quant à lui se préparait doucement à aller dormir. Sa couleur, si rouge en ce début de soirée brûlait dans mes yeux comme des flammes déchaînées. Les douces formes du paysage, collées dans le vide, et les cieux de couleur magenta me transportaient mélancoliquement vers les contrées Italiennes ou Françaises. Et ainsi la beauté qui se cachait dans la planéité des paysages rappelait sans aucun doute la « poésie flottante » des estampes japonaises.

    Eléonore Deshayes is an artist who graduated from the Haute Ecole des Arts du Rhin in Strasbourg, the winner of the Canson Art School Award 2017 and her work was exhibited at the 64th Salon de Montrouge. She transposes fragments of landscapes onto canvas as flashbacks of her many travels. In a society dominated by selfies, she reconstructs her captures of moments in an abstract way and unconsciously forms a concerto of light.  By touch, Deshayes deposits colours with refined shapes forming a decor that is sometimes abstract and sometimes figurative. The material, fluid like a stream of pure water, drips on the canvas, and Blue embraces Red. Slowly, their union creates effects of transparency and finally Eléonore Deshayes' landscapes oscillate between past and present, reality and fiction, construction and deconstruction. Thus, I looked at her paintings with such insistence that my gaze and my whole body fled into the dreamlike world of the artist. Suddenly, the window of my room started to slam because of the wind and silence haunted the horizons as if humanity had disappeared... 

The rocks swam on the almost transparent blue water. The mountains overlapped in this space floating between the sky and wild waters. The sun was slowly preparing to go to sleep. Its colour, so red at the beginning of the evening, burned in my eyes like raging flames. The soft shapes of the landscape, stuck in the void, and the magenta-coloured skies transported me melancholy to the Italian or French lands. And so the beauty hidden in the flatness of the landscapes was undoubtedly reminiscent of the "floating poetry" of Japanese prints.

     Peut-on inscrire Eleonore Deshayes dans la lignée des peintres de paysage ? Difficile car, même si ses œuvres sont inspirées en grande partie de ses voyages - Italie, Turquie, Ile de la Réunion ou encore côte nord de la France -, ses images sont le signe d’une mutation ou d’une inflexion de nos paysages plus que la simple continuité du passé. Les belles solitaires, Nelumbo, La léthargie des agaves, Oasis, L’influences des châtaigniers… les œuvres semblent nous demander : “comment regardons-nous aujourd’hui le paysage ?”; Quelle en est la représentation, entre une image de nature idéalisée et la réalité actuelle de sa fabrication et de son déclin ?

Reflets manifestes d’une époque, les toiles d’Eléonore Deshayes sont toujours fabriquées par fragments, en tenant compte des liens que tisse une société avec son environnement. Leurs territoires défrichent de nouvelles poésies contemporaines. L’artiste dissèque un panorama insolite d’images hybrides puisque constitué de différents collages issus de photographies et parfois délimité par des bandes blanches enchâssées dans la toile, lue comme décalée. Surgissent alors des paysages, presque évanescents, en grande partie dus au traitement de la peinture à l’huile déposée par couches, et donnant à la peinture soit une transparence de lavis à la manière des estampes japonaises, soit des formes proches de l’abstraction américaine.

Au Salon de Montrouge, Eléonore Deshayes présente un diptyque grand format. L’image y prend son sens entre fiction et narration, donnant quelques repères par le titre Mise à jour. Si elle reste lisible, la référence au réel s’estompe pour que se manifeste la matérialité picturale. L’artiste donne là, tout pouvoir aux surfaces pour mettre en condition la pensée sur sa manière de participer au monde.

Françoise Docquiert

64ème Salon de Montrouge

Avril-Mai 2019

Les paysages imaginaires d’Éléonore Deshayes

à la Galerie Provost-Hacker

     Dessinés méticuleusement à l’encre de Chine sur des plaques transparentes, les paysages délicats d’Éléonore Deshayes, habités par quelques personnages méditatifs, ressemblent à des collages. Points, lignes et rayures alternent pour composer des assemblages graphiques de strates et de collines d’une beauté subtile d’où émergent de frêles végétaux. Premier prix du jury aux Canson Art School Awards 2017, cette jeune artiste lilloise de 27 ans, diplômée de la Haute École des Arts du Rhin de Strasbourg en 2016, nous offre des lieux imaginaires où partir en promenade. Magique !

Capture d’écran 2018-12-07 à 14.58.03.pn
CHRONIQUE
par JULIETTE MANTELET 
  • Black Facebook Icon
  • Black Twitter Icon
  • Black Instagram Icon

« POÉSIES FLOTTANTES »

Lorsqu’elle voyage, Eléonore recherche toujours « la plasticité ambiante ». Son travail se base uniquement sur ses souvenirs, ses réminiscences émotives. « J’ai le besoin vital de cultiver et faire mûrir les territoires que j’ai traversés », décrit l’artiste. Elle ne peut s’en empêcher, il lui faut capturer ses instants, graver ses états d’âme ressentis face aux paysages. Elle offre un voyage double dans ses toiles : géographique à travers des paysages de collines variés rappelant les estampes japonaises du Mont Fuji, et temporels, au cœur des souvenirs. Un voyage énigmatique dans ses toiles au bord de l’abstraction, mêlant parfois fragments photographiques et peinture.

La jeune peintre a surtout une façon originale et bien à elle de peindre la nature. Loin d’une nature figée, grâce à son trait, elle lui donne un mouvement coulant, instable. En effet, Eléonore laisse apparaître sur ses œuvres des ratés, des imperfections. Elle ne cherche pas le trait parfait comme dans les portraits de Yaël Hupert, où chaque couleur est bien à sa place pour un réalisme accentué, et où rien ne dépasse. Au contraire, chez Eléonore les couleurs marquant les différents plans du paysage se mélangent joyeusement : elles glissent les unes sur les autres, s’influencent. Les bavures et les dégoulinures sont laissées apparentes, elles participent au tableau et à son message. Ces tableaux, Eléonore les appelle des « poésies flottantes », flottants comme la vie, le temps, les sentiments et les souvenirs. La mémoire qui glisse, les impressions qui restent et s’accrochent, c’est tout ça que symbolise ainsi superbement l’artiste. Les tons fusionnent, sans plus de frontière. On dirait qu’il a plu et qu’une tempête vient de délaver le paysage, d’en brouiller la perception. C’est fort. Les paysages d’Eléonore sont des paysages intérieurs, ils sont sentimentaux, expriment la mélancolie, le spleen, le regret. Sa gamme de couleur, relativement sombre et froide, à l’image de ce bleu omniprésent tirant sur le vert et le violet, colle si bien à ce cocktail d’émotions.

La nature est insaisissable est c’est aussi pour Eléonore sa façon de représenter les territoires en transition, d’incarner l’impossibilité de mettre un terme véritable au voyage et celle, surtout, de figer la nature. La nature qui, comme dans les poèmes « Le Lac » de Lamartine ou « Soleils Couchants » de Victor Hugo évolue sans cesse, est toujours en mouvement. L’homme quitte le paysage, rentre chez lui, et pourtant rien ne s’arrête, son départ n’est la cause d’aucune perturbation naturelle. Cruel sentiment de l’homme mortel face à la nature éternelle. « Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure ! Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, belle nature, Au moins le souvenir ! » s’écriait Lamartine. Par ces couleurs indéfinies, diluées, Eléonore donne du mouvement à ses paysages et montre qu’elle a divinement compris l’impossibilité d’arrêter le temps d’un voyage ou de cerner les contours d’un paysage, fut-il réel ou intérieur.

FIGURE DE L'ARTISTE
par ELENA AVVENIA, PAUL DELOMELLE & CORENTIN BYACHE

Film documentaire réalisé dans le cadre du Master Conduite de Projets Culturels et Management de la Culture,

lors de l'exposition Parcelles, en résonance avec le travail des artistes Cindy Lelu, David Faltot et Cyril Caine.

Université Catholique de Lille

Décembre 2018

LE TOUCHER, L'ABSORBER, LUI DÉSOBÉIR
VIRGINIE BARO・ETXE GORRIA

1/1

1/1
En voir plus
En voir plus

CreateSpace® pour la présente édition

Frédéric Viscaglino pour le texte

Eléonore Deshayes pour l'illustration de couverture

Broché

172 pages

23x15 cm

Septembre 2017

 

Image de couverture: 

I have always wanted to see the frontier before it's gone

Manipulation numérique issue d'un dessin à l'encre sur calque 

23x15 cm2017

DANS LA
BANLIEUE HURLEUSE
FREDERIC VISCAGLINO
En voir plus
En voir plus
Edition limitée à 50 exemplaires
Couverture souple à rabats
24 pages couleur
28x23 cm 
Août 2017
 
Canson® Art School Awards 2017
Lelivredart pour la présente édition
Zoé Monti pour la conception et la mise en page
Eléonore Deshayes pour les textes et les oeuvres

 

Artension Magazine N° 143 Mai - Juin 2017
En voir plus